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Taxe foncière Italie

En France, tous concernés ; en Italie, pas les résidences principales

C’est sans doute la différence la plus flagrante entre les deux pays : en France, la taxe foncière s’applique à toutes les propriétés, y compris la résidence principale. Chaque propriétaire doit s’en acquitter, que le logement soit occupé, loué ou vacant.
En Italie, l’IMU, elle, n’est pas due sur la résidence principale, sauf dans certains cas très spécifiques (logements classés « de luxe », par exemple). Ce sont donc surtout les résidences secondaires, les logements vacants ou ceux mis en location qui sont concernés.
Résultat : un allègement fiscal notable pour de nombreux ménages italiens, qui ne paient pas d’impôt local sur leur logement principal — une politique perçue comme un soutien direct au pouvoir d’achat.

Deux bases de calcul très différentes


En France, la taxe foncière est calculée à partir de la valeur locative cadastrale du bien, théoriquement censée refléter le loyer annuel qu’il pourrait générer. Problème : ces valeurs sont largement obsolètes, puisqu’elles se basent sur des données qui datent souvent des années 1970. Une réforme est en cours, mais c’est un vieux serpent de mer auquel aucun gouvernement n’ose vraiment se frotter.
En Italie, le calcul de l’IMU repose également sur une valeur cadastrale (rendita catastale), actualisée plus régulièrement. Elle est ensuite revalorisée par un coefficient fixé par la loi. Le taux appliqué, lui, varie selon les communes, généralement entre 0,76 % et 1,06 %. En France, les collectivités fixent librement leur taux, ce qui explique les grandes disparités territoriales… et les hausses parfois spectaculaires.

Une pression fiscale qui grimpe des deux côtés

Dans les deux pays, la fiscalité locale tend à s’alourdir, en particulier depuis la pandémie. En France, la suppression progressive de la taxe d’habitation a conduit les communes à chercher d’autres leviers… et c’est souvent sur la taxe foncière qu’elles se sont rabattues. Certaines grandes villes ont augmenté leur taux de plus de 10 % en un an.
En Italie, les municipalités — confrontées à une baisse des dotations de l’État — misent de plus en plus sur l’IMU, notamment dans les zones côtières ou touristiques, où les résidences secondaires abondent. L’IMU devient alors un outil de régulation, voire de dissuasion.

Deux visions de la fiscalité locale


Ces différences reflètent deux approches bien distinctes :
En France, la fiscalité locale reste largement centralisée, avec des bases de calcul fixées au niveau national mais des taux votés localement, ce qui crée parfois une opacité difficile à comprendre pour les contribuables.
En Italie, le système est perçu comme plus lisible, même s’il n’échappe pas non plus aux critiques, notamment sur la pression fiscale dans certaines régions.
De leur côté, plusieurs élus locaux français réclament une refonte en profondeur du système foncier, plus juste et plus compréhensible pour les contribuables. Mais avec les élections municipales de 2026 en ligne de mire, le sujet reste hautement sensible.

Une fiscalité sous pression… et sous surveillance

Dans un contexte de tension sur le pouvoir d’achat et de crise du logement, la fiscalité immobilière redevient un sujet brûlant. Que l’on soit en France ou en Italie, propriétaires et élus locaux doivent composer avec des arbitrages de plus en plus délicats.
Une chose est sûre : la comparaison entre les deux systèmes devrait continuer d’alimenter le débat, alors que l’Italie ne cesse d’être citée en exemple en matière de gestion des finances publiques !

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